2018 a été une année compliquée, et je n’avais qu’une hâte : qu’elle se termine. Elle s’est bien terminée. Et tant mieux. 

En 2018 j’ai passé plusieurs caps et pas des moindres :

  • Mes 30 ans
  • L’obtention de ma résidence permanente canadienne
  • L’emménagement avec le British Boyfriend
  • La découverte de pays exotiques : le Mexique et la Thaïlande
  • Un (petit) virage dans ma carrière

Devenir résidente permanente au Canada

La résidence permanente au Canada c’est le second graal après le PVT. Mais elle est accessible. Ou en tous cas personne ne dépend d’un tirage au sort contrairement au PVT. Si on est éligible on le sait, sinon on peut bosser pour le devenir. Les informations diffusées par IRCC (Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada) sont claires et il y a énormément d’aide et de conseils dans la communauté francophone. Tout comme il y a de très bons consultants en immigration pour répondre à nos questions (profession réglementée afin d’éviter les arnaques). En 2017 je me suis lancée car je ne voulais plus passer ma vie à passer de pays en pays avec un PVT ayant une date d’expiration. J’avais envie d’un peu plus de continuité et de solidité dans mes projets. J’allais avoir 30 ans et je ne voulais plus tout recommencer chaque année. Alors pourquoi ne pas tenter cette résidence ?

Pour l’obtenir il me fallait trouver mon chemin : la bonne catégorie d’emploi, peut-être même la bonne province ou l’amour, et travailler un certain temps afin d’être éligible (ou venir avec un expérience qualifiée au préalable). La Colombie Britannique s’est avérée être parfaite pour cela.

Une fois que j’ai trouvé ma catégorie (celle des travailleurs qualifiés grâce à l’expérience canadienne), j’ai commencé à rassembler les papiers afin de soumettre ma candidature. J’avais une petite check-list que je mettais à jour chaque semaine.

Le prix d’une résidence permanente est de CAD$1050. C’est la somme demandée par IRCC au moment de soumettre sa candidature lorsque l’on passe par le système de l’Entrée Express. Cela peut paraître cher au premier abord quand on vient de France puisque nous avons pas mal de services gratuits. Mais honnêtement lorsque l’on entame ce processus au Canada on sait où on va. Personne n’attend des heures et des heures devant une préfecture quelconque dans l’espoir qu’un agent lui donne une réponse. Tout est balisé : les étapes à suivre, les documents demandés, leur format, les entreprises/organismes reconnus pour les faire faire si besoin est, leur durée de validité, etc. Il y a peu de chances de se planter… A moins de s’y prendre comme un manche. Toute cette paperasse demande des dépenses annexes en plus de la somme demandée par IRCC. Au total j’ai déboursé environ CAD$2500.

Ce montant c’est la garantie de la tranquillité : mon but ultime. Je peux vivre en Amérique du nord ou en Europe, et je laisse les portes grandes ouvertes aux voyages et aux opportunités professionnelles.

Il faut savoir que lorsque je suis arrivée au Canada tout le monde parlait de cette fameuse résidence permanente. Au point où ç’en était agaçant ! Certains ne se laissaient même pas le temps de découvrir le pays et voulaient leur « job qualifié » tout de suite pour rester. J’ai mis du temps avant de m’y mettre et j’en suis contente. Comment peut-on savoir après une semaine, quelques découvertes et soirées que l’on veut rester ?

J’ai parfois l’impression que nous, les français fantasmons beaucoup le Canada : le rêve américain, version gentille, sans armes, et en partie en français.

La fin du processsus de rassemblage des documents et l’attente furent un peu frustrantes pour moi : j’avais demandé des certificats de police dans les pays où j’avais vécu 6 mois et plus. Et mes certificats de police d’Italie ne venaient pas. En plus je voulais changer de d’emploi rapidement. J’ai tout de même demandé et obtenu un permis de mobilité francophone histoire de couvrir mes arrières pour ne pas me retrouver sans permis de travail valide. Pas le top puisqu’il me liait à mon employeur mais mieux que rien. Puis est venu le moment de l’attente. Lorsque j’ai envoyé la candidature, dépensé tout cet argent… Je n’avais une envie ; changer de travail, passer à un autre projet. C’était un peu compliqué. Il faut savoir qu’il y a pas mal de gens qui restent coincés dans des emplois / lieux qui ne leurs plaisent pas pour obtenir leur résidence. Ça peut faire passer l’envie de rester au Canada et on se dit même « mais est-ce que ça vaut toutes ces procédures ? ».  Pour moi le jeu en valait la chandelle mais je crois que c’est important de bien peser le pour et le contre. Puis j’ai été chanceuse de pouvoir passer par le système de l’entrée express. J’ai obtenu ma résidence en 4 mois après envoi de mon dossier. Certains attendent 2 ans.

Au final je suis heureuse car je sais pourquoi je suis là :


🍁 Le Canada est bien trop grand pour y passer 2 ans : je ne connais pas bien l’Est du pays et je n’ai pas encore vécu d’hiver « canadien » à proprement parlé.. J’ai toujours mes envies de grands espaces et de parcs nationaux. Je n’ai pas tout vu.
🍁Le Canada est un pays bilingue…Et je parle ses 2 langues, c’est parfait pour moi.
🍁C’est aussi un pays dont j’aime la mentalité, la douceur de vivre et la tranquillité.
🍁Les opportunités s’ouvrent plus facilement qu’en France au niveau professionnel (question d’époque car tout pourrait changer). Et on peut se reconvertir sans soucis. Mais encore ici ; c’est certainement parce que j’aime la mentalité et me trouve bien dans mon milieu professionnel.

Cela ne veut pas dire que je ne rentrerai pas en Europe. Peut-être que dans 2 ans j’aurais envie de changement et ça sera très bien comme ça. Le Canada et moi on se séparera. Ou peut-être que je resterai un peu plus longtemps, qui sait ?

J’ai eu 30 ans

Ce ne fut pas si facile mais je pense que je voyais cet âge d’un œil trop négatif de toutes façons. Au final ça va. En novembre, mois de mon anniversaire, j’étais à la fois fatiguée de cette année aux mille rebondissements, et soulagée d’avoir posé des milestones (jalons) pour de nouveaux projets. Je terminais un emploi pour en recommencer un nouveau. Mes économies étaient au plus bas, mais j’avais pleins d’idées pour 2019. Je suis aussi rentrée en France une petite semaine pour une coupure.

En France un certain nombre de mes amies sont enceintes, ont acheté un appartement, se sont/vont se marier. Rien à voir avec ma vie ici. Elles me demandent : « Et toi alors ? » « Bah j’ai aussi passé des caps : l’immigration et pas mal d’introspection (je lis pleins de livres/articles sur le développement personnel en ce moment) » Mais c’est tellement loin de leur parcours : CDI/concours de la fonction publique, investissement immobilier, bébé. Au final devenir résidente permanente peut sonner étrange pour des gens qui n’on jamais vécu à l’étranger alors que ce fut une étape importante pour moi.

2 voyages exotiques : hors Europe et hors pays anglophone

L’unique fois ou j’ai voyagé hors Occident avant 2018 fut en Turquie. J’avais 18 ans, je partais avec 2 copines, dont une d’origine turque. Nous avons exploré pendant un peu plus de 2 semaines des ruines greco-romaines, des bazaars aux milles couleurs, des mosquées au multiples minarets et des plages caillouteuses. C’était le paradis de l’exotisme et de l’aventure pour moi alors que tout était balisé, et qu’on a retrouvé la famille de ma copine à chaque étape du voyage. 2018 fut une nouveauté car je me suis organisée sans aucune aide en locale. Si je suis allée au Yucatan en en Thaïlande qui sont tous deux très touristiques, j’ai été sacrément dépaysée et j’ai maintenant envie de voyages plus longs. Mais je veux bien m’y prendre : avoir des économies, un lieu pour mon retour et un projet qui suit aussi. Je ne veux pas revenir et vivre encore comme une étudiante ou une saisonnière. Voilà, je deviens une trentenaire qui a besoin de son confort. Appelez moi madame !

Nouveau job et changement de style de vie

En décembre j’ai commencé à travailler dans une agence de voyage. J’avais besoin d’un changement : je commençais à tourner en rond après 4 ans d’auberge de jeunesse et je voulais un meilleur salaire ainsi que des horaires de bureau. Me re-voilà en bonne trentenaire. En fait je fait mon âge, tout va bien ! J’ai décroché un emploi dans une agence qui crée des voyages sur mesure pour des nord américains partant faire du vélo ou de la randonnée en Europe, et un peu au Canada. Je suis autonome sur mes projets et ne gère plus une équipe. Ça me fait du bien même si je fais face à des petits challenges de « nouvelle collègue » : je ne connais pas tout donc je pose beaucoup de questions et je dois me m’habituer à une nouvelle façon de travailler.

J’ai aussi maintenant un vrai « chez moi » depuis avril 2018. Adieu colocation, baby-sitting pour animaux et auberges de jeunesse. Plus de salle de bain ou de cuisine à partager. Pour la premiere fois j’ai un logement pour moi et je respiiiiire !

Au final je 2018 a été une année de transition. Et je suis bien contente d’être en 2019 pour me centrer sur des projets n’ayant aucun besoin de paperasse !

Cet article a 8 commentaires

  1. congrats pour ta RP ! je voulais juste preciser qu’en + des 1050$, d’autres frais sont a prevoir (compter plusieurs centaines de $ pour chacun) – certains obligstoires, d’aitres pour augmenter ses chances en donnant des points : les test de langue (TEF et IELTS), les equivalences de diplome, la visite medicale.

    1. Merci Siobhan! Oui il y a des frais en plus, j’ai écrit plus bas que j’avais dépensé un peu plus de $2000 en tout. En sachant que puisque j’ai beaucoup voyagé j’ai dû faire la demande de 5 certificats de police … Et que j’ai fait les 2 tests de langues + un permis de mobilité francophone que je compte aussi dedans car il m’a permis de rester dans le pays le temps de finaliser le RP 🙂

  2. C’est génial de te suivre pas à pas ma Pépée. Même si tout n’est pas rose, tu as l’air de te plaire au Canada et te lire me donne envie d’aller visiter ce pays (et te rentre visite). Ton blog est top!
    Plein de bisous!

    1. Viens quand tu veux, tu es la bienvenue ! Bisous ma grande

  3. Salut. Je découvre ton blog avec plaisir.
    Je me reconnais dans la partie « j’ai eu 30 ans ». Je sais cependant que je n’échangerais pas ma vie avec celle des amis restaient en France qui sont déjà à FP/maison/bébé. Nous avons notre propre histoire et notre propre timing. Il n’y a rien à envier.

    1. Salut Cora, merci de passer par là. Oui je pense que chacun a son chemin et ses choix.

  4. Ah le cap des 30 ans…. de mon côté c’est passé il y a deux ans et c’est fou comme c’est marquant ! C’est un vrai cap. C’est le moment de faire le point aussi, je trouve ça plutôt cool maintenant.
    Je me suis beaucoup reconnue aussi quand tu as parlé du parallèle avec la vie d’amies FR qui ne peuvent pas comprendre ce qu’on vit en expat’. Quand tu goûtes à la découverte d’un autre lieu / pays. Après chaque chose en son temps aussi 🙂
    En tous cas bravo pour ta résidence permanente, c’est un sacré parcours et c’est clair que c’est top d’avoir le choix 🙂

    1. Je suis d’accord : ça fait du bien de faire le point.
      Merci pour la résidence, ça soulage tellement !
      J’espère que tout le monde ne panique pas trop avec le Brexit au Royaume-Uni ! Ca va changer la donne niveau paperasse j’imagine d’ici quelques années…

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