Ce mois-ci le thème de #Hisoires Expatriées est à propos de ces petites choses qui nous agacent ou que nous n’aimons pas trop dans notre pays d’adoption. Notre marraine est Ferdy du blog Ferdy Pain d’Epices. Elle vit à Edmonton en Alberta, allez donc la lire, elle a une vision différente de la mienne à propos des points négatifs de la vie au Canada. Moi je vais vous parler de Vancouver et de déprime passagère.

Maudite pluie et déprime hivernale a Vancouver

Ça commence bien (ou mal) puisque ce matin 17 Septembre il pleut des cordes à Vancouver. La pluie. Mon ennemi numéro 1 en Colombie Britannique. On ne sait jamais quand elle commence à la fin de l’été, ni quand elle s’arrête au printemps. Ces deux dernières années il a fait beau jusque fin Octobre. Cette année c’est moche depuis 1 semaine. Il pleut. Il pleut de la grosse pluie. Pas du crachin. Et ça ne s’arrête pas. Jusqu’en avril (parfois mars si on a de la chance). Je n’ai jamais vu autant de pluie de ma vie que depuis que je suis à Vancouver. Les étés sont superbes, mais les hivers … ! L’avantage c’est que l’on a de la belle neige dans les montagnes environnantes si on aime faire du ski. En revanche cette pluie commence à me faire envie de changer de province.

Le souci des sans-abris en centre-ville

Puis à Vancouver en centre-ville il y a énormément de sans-abris qui se droguent. Dans les bus aussi. Tout le monde me dit que c’est à cause du climat; ces sans-abris finissent au bout du Canada, là où les hivers sont plus cléments. Ce qui pose problème c’est qu’une grande partie de ces SDFs semble avoir une déficience mentale et qu’ils se droguent. On m’a dit à plusieurs reprises que les institutions qui fermaient ou se retrouvaient avec des budgets réduits, mettaient à la porte certains patients avec un billet de bus/train pour Vancouver (depuis n’importe quelle province canadienne). Je trouve ça fou !

Je ne sais pas si c’est une légende urbaine, mais on m’a raconté cette histoire plusieurs fois. Et au moins une ou deux institutions médicales spécialisées sur le handicap ont fermées brusquement dans l’agglomération de Vancouver depuis les années 1990, laissant des gens à la rue. Vancouver n’a malheureusement pas le monopole de ce souci : Victoria, puis Seattle, Portland, San Francisco et Los Angeles vivent la même situation. Les villes de la côte ouest américaine ont énormément de SDFs avec de gros problèmes de drogue et certains soucis de déficience mentale. Encore une fois il parait qu’ils sont envoyés vers l’ouest. Encore une fois je ne sais pas si c’est une légende urbaine ou pas. Mais c’est triste.

La publicité mensongère à propos de Vancouver

Puis je suis parfois agacée d’entendre Vancouver is amazing, de voir des images de drones au dessus de Stanley park et des photos over-retouchées des 4 saisons ici. Vancouver est moche 6 mois de l’année car il pleut. Ce qui est beau ce sont ses quartiers avec le street art, les coffee shops, ou les belles maisons victoriennes. Mais ça ne fait pas tout. Ah oui, et sa région : l’océan, les montagnes, surtout pour le ski et les Rocheuses pas si loin. L’été c’est chouette et c’est beau mais arrêtons de rendre l’hiver poétique ou un peu glamour, car en ville, il ne l’est pas. Les Canadiens aiment Vancouver car ils n’ont pas besoin de mettre des bottes de neige et 5 couches de vêtements pour sortir. Il fait “chaud” par rapport au reste du Canada. Mais il fait moche.

Boring Vancouver : ca déprime aussi un peu

Puis Vancouver est un peu boring. Pas trop ou pas autant que l’on voudrait le faire croire pour être honnête. Mais les manifestations culturelles et artistiques ne sont pas aussi nombreuses que dans les villes de l’est. Il y a toujours une cover à payer pour entrer, et plein de monde à chaque fois, puisque peu d’événements. Avec peu d’imagination au niveau des animations culturelles et artistiques, donc on se retrouve parfois entassés et déçus d’avoir payé sa cover. Si vous aimez la tranquillité en revanche vous serez ravis.

Le coût du logement

Enfin, Vancouver est chère. Je vais ne parler que du logement ici puisque c’est pour moi la racine du problème. Les prix du logement sont très élevés pour une raisons simple : l’investissement immobilier est en plein boom et n’est pas régulé. Comprenez : la mafia chinoise vient blanchir son argent ici. Beaucoup de logements vides ne sont pas sur le marché. Heureusement les prix commencent à baisser depuis que les taxes sur les logements vides sont entrées en vigueur. Espérons que ça dure. Et que d’autres mesures soient prises. Exemple : on a le droit de faire d’un placard à manger un den, donc une demi-chambre. Je trouve ça honteux. Tout ça parce qu’un lit simple entre dedans et parce qu’on veux maximiser les profits. Je pense que les dens devraient être interdit tout simplement.

L’hypocrisie

Enfin Vancouver est un peu lisse : tout le monde est gentil, tout le monde fait croire qu’il est tolérant, personne ne s’engueule. Et tout est beau dans le meilleur des mondes. Derrières les portes closes les locaux ne sont pas contents de la hausse des prix du logement, il y a une guéguerre entre les cyclistes et les automobilistes (les 2 ont leurs tords), les immigrants ne sont pas très appréciés (surtout les asiatiques), et l’on se désole de la situation des sans-abris en ville. Et je ne parle même pas de la frustration vécue liée au fait de ne pas être capable d’exposer les problèmes dans la vie perso ou pro et donc de les éviter au lieu d’essayer de les régler.

Tout n’est pas noir heureusement mais il faut faire attention lorsque l’on voit les classement des meilleures ville au monde ou au Canada. Vancouver en fait souvent partie, et je pense qu’il faut parfois remettre les choses dans leur contexte.

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