Travailler au Canada grâce à la Mobilité Francophone

En 2017 j’ai fait la demande d’un permis de Mobilité Francophone (MF) alors que mon PVT allait expirer, et que je préparais ma résidence permanente au Canada. J’avais peur de ne pas obtenir mon ‘bridging permit’ , le permis faisant lien entre mon PVT et ma résidence. Je ne comprenais pas trop pourquoi certaines personnes étaient éligibles et d’autres pas. En revanche la Mobilité Francophone me paraissait plus rassurante car je me savais admissible.

Qu’est-ce que la Mobilité Francophone ?

La Mobilité Francophone (MF) est un permis de travail temporaire pour les immigrants francophones souhaitant travailler dans les provinces canadiennes anglophones. Ce permis de travail lie l’immigrant à son employeur. Et l’emploi doit être de catégorie A, B ou 0 selon la Classification Nationale des Professions (CNP) du Canada.

La MF a une durée minimum de 6 mois et il me semble que sa durée maximale est de 5 ans (à ma connaissance en tous cas). Elle peut être renouvelée 1 fois avec le même employeur ou un autre employeur. L’immigrant et l’employeur doivent tous deux effectuer une démarche auprès de l’immigration canadienne pour valider ce permis de travail.

Afin de pouvoir candidater en temps qu’immigrant, votre employeur doit :

  • Fournir une lettre d’embauche avec une date de début et de fin ou avec la mention permanent offer (offre à durée indéterminée).
  • Fournir une description de poste correspondant à un métier d’une des catégories éligibles.
  • Soumettre une offre d’emploi sur le portail web de l’immigration canadienne.

L’emploi proposé doit être à temps plein, de catégorie A, B ou 0. Le nom de l’entreprise figure sur le permis de travail de l’immigrant, et il n’a donc le droit de travailler que pour celle-ci.

Les avantages

  • La MF peut être une alternative au PVT si on n’arrive pas à l’obtenir ou si on n’est pas éligible (ex: les suisses ou les plus de 35 ans).
  • Ce permis peut aussi être un prolongement du PVT, afin de rester au Canada.
  • Il garantit un emploi qualifié à temps plein sur une durée définie.
  • Et il y a toujours la possibilité d’évoluer en entreprise en effectuant une seconde demande de MF si une promotion est offerte … Ou de changer d’employeur si on le souhaite.
  • La MF offre aussi la possibilité d’ajout de points pour la résidence permanente dans le cadre de l’Entrée Expresse dans certains cas. Cela peut booster des profils un peu bas en termes de points.
  • Enfin, il n’y a pas de limite de candidatures ou quotas donc on peut demander ce permis de travail toute l’année.
  • On peut aussi faire venir son/sa partenaire et ses enfants sous certaines conditions.
  • Et, gros point positif : ce permis de travail est exempt de l’Etude d’Impact sur le Marché du Travail (EIMT ou LMIA en anglais). En d’autres termes ; pas besoin de prouver qu’aucun canadien ou résident permanent ne peut effectuer notre emploi.
  • Au final, Les démarches pour l’employeur sont simples et peuvent s’effectuer en 30 min sur le portail Internet de l’immigration canadienne.

Les inconvénients

  • On n’a le droit de ne travailler que pour l’employeur qui est sur notre permis de travail.
  • Impossible d’étudier ou d’avoir un second job.
  • Lorsque l’on change d’employeur ou de poste, les démarches peuvent être un peu longues, au risque de décourager certains employeurs (j’ai une amie qui a mis environ 5 semaines à se faire valider une nouvelle MF lorsqu’elle a souhaité changer d’entreprise).
  • D’ailleurs les délais de traitement varient de 5 jours à 2 ou 3 mois. Tout dépend du nombre de candidatures et, je suppose, du nombre d’agents sur ces dossiers. Il vaut mieux être prévoyant.
  • Puis tous les emplois ne sont pas éligibles. Il faut faire bien attention à correspondre aux critères des catégories de métiers admissibles.
  • Ensuite, ce permis n’est pas valable au Québec. Et oui le but est bien de développer la francophonie dans les provinces anglophones (au final je ne suis pas sûre que ce soit un inconvenient).
  • Enfin, La MF a un coût pour les employeurs en plus du prix que l’immigrant doit payer. Aux dernières nouvelles il me semble que ce soit environ CA$240. Cela peut refroidir certaines entreprises. Il vaut donc mieux prévenir son employeur et en discuter en amont.

Petit ajout 1 : si vous êtes francophones mais que votre nationalité ne l’est pas il vous faudra passer un test de français. Ce sera soit le TEF Canada soit le TCF. Ce sont les 2 tests reconnus par l’immigration canadienne.

Petit ajout 2 : ici au Canada la question de la durée du permis revient souvent sur le tapis. Soit vous décidez d’une durée avec votre entreprise (2 ans ou plus), soit votre entreprise propose une permanent offer. Et donc j’ai remarqué que dans ce cas les agents d’immigration aux points d’entrée (PDE) donnent soit un permis valide pour 5 ans, soit un permis valide jusqu’à la date d’expiration du passeport, s’il est valide moins de 5 ans. Perso je conseillerai tout de même de mettre une durée limitée c’est toujours plus clair pour l’immigration canadienne.

En résumé la Mobilité Francophone c’est :

Faire une demande de Mobilité Francophone

Pour faire une demande de MF il faut que l’immigrant se connecte sur le site web de l’immigration canadienne, remplisse un questionnaire (IRCC), obtienne une liste de documents à soumettre, les remplisse et les télécharge en ligne. De son côté l’employeur doit créer une offre d’emploi sur le site web de l’immigration. L’offre de l’employeur et la candidature du futur employé auront un numéro d’offre d’emploi en commun afin que l’immigration puisse les identifier et valider le dossier.

1ère étape : l’admissibilité de votre offre d’emploi

  • Il faut tout d’abord qu’un employeur vous ait fait une offre d’emploi.
  • Il vous faut ensuite déterminer si la description de votre offre d’emploi correspond à un métier des catégories A, B ou 0 selon la CNP. Chaque métier est répertorié par un code dans les différentes catégories. Il vous faut donc trouver votre code de la CNP. Vous pouvez vérifier cela en ligne sur le site de l’immigration. Une fois que vous l’avez, et s’il est valide pour ce permis de travail, vous pouvez déterminer le reste de votre admissibilité.
  • Attention : au Canada il existe des professions liées à des ordres les régulant (ingénieurs, infirmières, comptables …). Je ne sais pas comment cela fonctionne en termes de permis de travail lorsque ces métiers correspondent aux catégories A, B ou 0. Il vaut mieux contacter un conseiller en immigration ou l’immigration (IRCC) pour cela.

2ème étape : commencer votre candidature en ligne

  • Commencez votre candidature avec l’outil en ligne venir au Canada sur le site web Immigration, Refugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). Vous allez ainsi répondre à une série de questions déterminant votre admissibilité à la MF.
  • Cliquez sur Déterminer votre admissibilité pour démarrer le questionnaire.
  • Il y a tout un tas de questions. Je vais vous faire part ci-dessous seulement des questions directement liées à la MF. Et notez qu’il faut bien faire attention à répondre honnêtement à toutes les questions.
  • Lorsque l’on vous demande pourquoi vous venez au Canada répondez travailler, puis travailler temporairement plus de 6 mois.
  • Quelques questions plus loin, à la question Avez-vous une offre d’emploi écrite d’un employeur au Canada? Répondez oui.
  • Enfin, si tout va bien, dans les résultats de votre questionnaire vous devriez obtenir la phrase suivante Travailleur étranger – Programme de mobilité internationale  (visa de visiteur non requis) – Vous pourriez être admissible pour venir au Canada à titre de travailleur étranger.
  • Si c’est le cas vous pouvez cliquer sur continuer. Puis vous aurez la question Quel type de permis de travail voulez-vous demander? A cela répondez Autre, dispense de l’EIMT. Vous répondrez ensuite à bien d’autres questions.
  • Lorsque vous aurez terminé le questionnaire vous pourrez réviser vos résultats question par question si besoin est. A noter que si vous ne vous retrouvez pas éligible, il peut être judicieux de contacter un conseiller en immigration. Vous aurez certainement des réponses et de l’aide pour la suite de vos démarches.
  • Puis cliquez sur continuer et votre liste de contrôle personnelle apparaîtra. Vous pourrez ainsi la lier à votre compte perso IRCC si vous en avez déjà un, ou vous créer un compte. Cette liste contient 10 étapes bien précises avec un certain nombre de documents à soumettre/remplir et télécharger afin de finaliser votre candidature.
  • Il vous manquera alors 1 chose : votre numéro d’offre d’emploi qui vous liera à l’offre d’emploi de votre entreprise. Vous l’aurez une fois que votre employeur aura soumis son offre d’emploi sur le portail web de IRCC.
  • Enfin dernier point important : à un moment il vous sera demandé, dans l’un des formulaires de votre liste de contrôle, si votre offre d’emploi est dispensé ou non d’EIMT. A cette question il faut cocher que vous êtes dispensé d’EIMT. Et on vous demandera alors le code de dispense d’EIMT : il s’agit du code C16 (voir ce lien).

3ème étape : l’offre d’emploi sur le portail web IRCC des employeurs

  • IRCC a un portail web pour les employeurs canadiens où ils soumettent leurs offres d’emplois.
  • Votre entreprise devra ainsi enregistrer votre offre et payer les frais (autour de $240) sur son compte IRCC. Elle devra soit se créer un profil soit se connecter à son compte. Cette offre aura votre description de poste et toutes vos conditions d’emploi (il faut copier/coller des infos dans une multitudes de cases). Cette étape devrait prendre environ 15 à 30 min maximum.
  • Une fois l’offre soumise, celle-ci sera identifiée par un numéro d’offre. Ce numéro d’offre devra vous être communiqué car vous l’utiliserez dans un de vos formulaires de votre liste de contrôle. Il vous liera à votre employeur.

Vous pourrez soumettre tous vos documents et terminer votre candidature après que votre employeur ait soumis l’offre d’emploi sur le portail web IRCC. Ensuite le temps d’attente varie énormément, mais IRCC vous contactera pour vous demander de faire vos empreintes biométriques, si besoin, et vous recevrez une lettre d’introduction. Vous devrez donc “faire le tour du poteau”, en allant à la frontière pour faire activer votre MF.

Demander sa mobilité francophone en 7 étapes pour immigrer et vivre au Canada anglophone.
Résumé de la demande de MF

Se faire aider pour sa demande de MF

J’avais fait vérifié ma demande de MF par une conseillère en immigration. Ce n’est pas obligatoire mais ça peut être utile. Si vous choisissez un conseiller en immigration il vaut mieux contacter quelqu’un réglementé par le CRIC (Conseil de réglementation des professionnels en immigration du Canada). Leur formation est top et leur éthique est normalement irréprochable. Voici la page Facebook d’une conseillère spécialisée sur la Colombie Britannique : Marion Ziller.

Quelques liens utiles pour la Mobilité Franchophone

Perrine

Moi c'est Perrine, 30 ans, voyageuse et actuellement expatriée au Canada. J'ai la bougeotte depuis pas mal d'années, et après des études un peu partout en Europe, je me suis mise au PVT (permis vacances-travail) dans les pays anglo-saxons.

6 thoughts on “Travailler au Canada grâce à la Mobilité Francophone

  1. Hello!

    Je viens de tomber un peu par hasard sur ton blog car je souhaite faire le permis MF avec mon mari qui sera dur mon visa.
    Notre agent d’immigration nous a demandé de passer le TEF bien que nous sommes tous les 2 français, avec un passeport français et résidons en France.

    Peux tu me confirmer qu’il n’est pas nécessaire de passer le TEF?

    Merci d’avance pour ta réponse ☺️

  2. Hello Juliette. Je ne connais aucun français ayant passé le TEF pour la MF. Mais c’est l’ultime preuve de la maîtrise du français, et les francophones venant de pays non-francophones le font automatiquement. Il se peut que votre conseiller soit pointilleux et vous le demande pour appuyer votre dossier. Ce n’est peut-être pas plus mal ?
    Le TEF a une certaine période de validité (2 ans il me semble mais il vaut mieux se renseigner). Il pourra peut-être vous être utile, s’il est encore valide, par la suite dans le cas d’une demande de résidence permanente (pour la RP on doit faire un test de langue).

  3. Bonjour s’il vous plait est ce que parmis les étapes la légalité dans le pays de résidence était demandé ?
    Et es ce que dans le cas où la personne n’est pas encore régularisé dans le pays de résidence , ça serait une raison de refus de la MF ?
    Merci d’avance

  4. Hello !

    J’aimerais faire une MF car les PVT et à peu près tous les autres permis sont bloqués pour le moment. Seulement en ce moment c’est vraiment galère (j’aimerais aller à Vancouver et là bas le chômage a fortement augmenté), pourrais tu me dire dans quel domaine tu as trouvé un emploi s’il te plaît ?

    Merci !

    1. Hello Nadia. Moi j’avais un PVT puis je suis passée sur une MF en 2017 avec mon employeur. Donc c’était pas difficile. Je suis dans le tourisme, mais ça n’embauche quasiment plus. Ceci dit tout dépend de ton expérience et de ton domaine de travail, mais je te conseillerai de faire des recherches sur Linkedin pour commencer. Les canadiens utilisent beaucoup ce réseau social. Si tu crées ou modifies ton profil, n’hésite pas à le faire en anglais et à te localiser sur Vancouver (même si tu es ailleurs). Tu peux te mettre en lien avec des recruteurs et leur envoyer des messages avec ton CV, mais aussi répondre à des offres d’emploi sur ce réseau social professionnel. Avant le Covid j’ai vu des francophones arriver sans permis de travail et rechercher un emploi pour une MF directement. C’est risqué car la législation est floue. Mais maintenant on ne peut entrer sur le territoire canadien qu’avec une offre d’emploi si on a un permis de travail. Donc Internet sera ton meilleur ami 😉

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