Cette semaine je me suis mise à lire la nouvelle série d’articles du blog Ferdy Pain d’Epice. Ferdy, française installée à Edmonton fait témoigner des français ayant eu un parcours d’immigration au Canada dans différentes provinces. Ils viennent en famille, en couple, en solo ou même avec leur animaux de compagnie !

Je trouve cette série très intéressante car on y découvre des parcours variés et des expériences plus ou moins positives. Le réalisme et l’honnêteté dont on manque parfois à propos des départs au Canada sont ici bien présents.

Du coup je me suis posé des questions : ai-je été déçue à un moment ? Suis-je au bon endroit ? Ai-je été trop naïve ? Quelles difficultés ai-je rencontré ?

Je n’ai pas réellement eu de difficultés en fait. Tout a été facile à part un changement de travail chaotique au printemps 2018. Mon plus grand défi fut de choisir de rester sur Vancouver après l’obtention de ma résidence, et d’emménager avec mon British Boyfriend. On a dû faire face à nos différences culturelles.

Mon PVT puis mon immigration au Canada : facile, prenant & un peu chaotique la deuxième année

La Facilité

Je crois que c’est dû au fait que je suis arrivée avec un élan de confiance et de positivité qui était le suivant : j’ai 2 ans, si ça ne me plaît pas, je voyage en Amérique du nord et je rentre en France. Ou je pars ailleurs en Europe. Et j’étais en contact avec mes anciens employeurs français. Donc j’étais en sécurité niveau emploi. Et je parlais couramment anglais. Donc je pouvais bosser partout au Canada ou en Angleterre/Irlande si retour sur le vieux continent il y avait. Confiance linguistique totale. Et je ne voyageais pas trop lourd: une valise de 20kg et un sac à dos. En solo. Pas de grandes responsabilités. J’avais 2 ans pour tout tester. Pour changer de direction comme je le voulais. J’avais des économies. Beaucoup. Parce que je suis une timbrée de la sécurité financière. Je n’avais pas peur d’un peu d’inconfort et de partager un logement avec d’autres gens. Et surtout je ne suis pas une grande stressée. Ajoutez à cela que la paperasse administrative ne m’effraie pas plus que cela, j’ai l’habitude des déménagements et permis de travail / changements de statuts et des plans santé variés.

J‘ai trouvé du travail rapidement avec 3 CVs envoyés et 2 entretiens d’embauche en l’espace d’une semaine. J’avais des références qui faisaient sens pour mes employeurs canadiens, je parlais bien anglais, j’ai accepté de redescendre en bas de l’échelle (pour quelques mois) et je m’orientais vers l’ouest canadien. Je bosse dans le tourisme et cette partie du Canada est très touristique. Mon job n’étais pas lié à un certificat spécifique, ou un “ordre” et je n’avais pas besoin de repasser certaines qualifications. C’est l’avantage du tourisme.

Une deuxième année chaotique

J’ai vécu un changement de boulot avec un temps d’arrêt de 3 mois, et un emménagement avec mon copain plus compliqué que prévu (mais je suis aussi partie me dorer la pilule au Mexique, alors bon ça va). La paperasse de ma résidence permanente est ensuite venue ponctuer cette seconde année de PVT sans trop de soucis. Puis j’ai changé d’emploi plusieurs fois sans réellement être satisfaite. Ces changements sont liés à des décisions personnelles et non au fait d’être au Canada… Quoique … ici tout est flexible.

Une sociabilisation en dents de scie

Le plus dur reste la sociabilisation sur le moyen ou long terme. J’ai rencontré beaucoup de monde qui est parti. Pareil pour mon copain. Encore plus difficile pour lui au final. Les seuls qui sont restés sont des francophones. Et les canadiens locaux vivent leur petite vie. Donc je ne les vois pas tant que ça en dehors du travail. Les meet ups aident mais les relations restent parfois un peut trop en surface.

Sommes-nous fous en tant que français d’espérer se faire des amitiés solides à la vie à la mort à l’autre bout du monde ?

Pas de déprime ou de souci majeur

J’avoue que je n’ai pas eu de déprime par -20 degrés, et que malgré des salaires corrects mais pas mirobolants, je me suis trouvé des bons plans. Puis je n’ai pas de véhicule. Donc ça réduit les soucis. Je suis aussi prudente sur le plan financier. Et j’avais déjà vécu à l’étranger et notamment dans des pays anglo-saxons. Le choc culturel n’a donc pas été si fort pour moi.

Une chose est sûre : quand on pars à l’étranger il faut se préparer un minimum. Chacun son truc pour la prépa. Perso pour moi ça consiste à faire en sorte d’être bien couverte au niveau santé, d’avoir beaucoup de sous de côté, de partir léger et de prévoir des plans B et C voire D. J’ai aussi farfouillé le web pour lire des retours positifs et négatifs, et avoir des avis à propos de quelques provinces et villes canadiennes. Je crois que le plus dur c’est de partir avec la tête pleine d’illusions. L’arrivée peut être rude.

Voilà pour cet article un peu chaotique. Quand j’écris sur le blog j’essaie de ne pas idéaliser tout ce que je vis et d’être honnête. J’espère que ça pourra aider certaines personnes dans leur réflexion au départ.