Tourisme : 5 habitudes de consommation liées à mon expérience pro

Ce matin je discutais sur Twitter des dérives d’AirBnB … Et ça m’a inspiré pour un petit billet ! Je bosse dans le tourisme donc ma façon de consommer en voyage est influencée par mon expérience.

Cette année avec le Corona c’est bien la misère dans notre industrie. Alors je vous propose quelques unes de mes habitudes de touriste, qui je pense, aident les entreprises à reprendre du poil de la bête et nous permettent de passer de belles vacances.

Je réserve en direct

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Je me sers de booking.com, Hostelworld, Expedia et AirBnB comme moteurs de recherche. Puis j’essaie, si je peux, de réserver en direct : via le site web ou j’appelle directement. Parce que les commissions de ces agences de voyage en ligne (c’est bien ce qu’elles sont, sauf AirBnB) sont énormes. Au-delà de 10%.

La plupart du temps quand une agence de voyage ou un tour opérateur (TO) réservent un hébergement en business les commissions sont à 10% grand max. Sauf s’il y a des prix contractuels. Dans ce cas c’est différent.

Ah, oui, et au fait : ce n’est pas parce qu’un hébergement est full sur Booking qu’il l’est en réalité 😉

En réservant en direct je sais que je mets beaucoup moins de pression financière sur une entreprise touristique. Je participe au développement économique local directement. Et, en discutant au téléphone, ou par courriel je peux obtenir des astuces ou des infos pratiques peu mentionnées sur le web. Ca veut aussi dire que j’ai plus de chance d’avoir un très bon service sur place. En effet, je crée une connexion directe et amicale : c’est un point de départ positif. Enfin, quand je réserve en direct je sais à qui je parle, et avec qui je dois modifier ou annuler si nécessaire.

Vécu côté pro & perso : en direct il y a moins d’erreurs et une meilleure communication.

A noter aussi que les hébergements ne proposent pas ou plus nécessairement de bons prix sur Booking ou Hostelworld. Au Canada par exemple, même avec notre carte membre HI, si on ne réserve pas en direct avec l’association Hostelling, nous n’obtenons plus notre tarif membre en auberge de jeunesse.

Je privilégie les indépendants et les petites entreprises

Soyons honnêtes ; ce sont ceux qui auront le plus besoin de notre consommation les 2-3 prochaines années. Les chaînes pourront toujours fermer quelques succursales et repartir ou opérer des changements à grande échelle. Les petites entreprises galèreront un peu plus. Les indépendants sont souvent aussi des passionnés ou des familles qui ont hérité du business de génération en génération. Je trouve aussi qu’il y a souvent plus personnalité avec ce genre de prestataires, et que l’on est moins dans un service client hyper codé avec pleins de process.

Je recherche des activités eco-friendly

Ces 4 dernières années je me suis mise aux options plus écolos et aux labels. Je vérifie les sites de tourisme et compare l’éthique entre les prestataires. Avant j’allais au moins cher, maintenant je préfère faire moins mais de meilleure qualité. Je sais aussi que puisque j’organise moi-même beaucoup de mes sorties et sports outdoors, je peux dépenser une fois de temps en temps pour un bon guide ou une activité.

Sur la Sunshine Coast : hors des sentiers battus du tourisme de masse

Je ne démonte pas un hébergement / une entreprise sur Trip Advisor ou les réseaux sociaux

J’envoie un courriel quand il y a un souci. Mais je n’affiche pas les gens. Je trouve ça petit (surtout en période de Corona). Le staff peut se tromper, mal communiquer, avoir été mal (in)formé, etc. Les saisons en tourisme sont souvent marquées par un turn-over important, et une pression sur les équipes de travail en termes de productivité.

Mon vécu côté pro c’est que dans la majeure partie des cas quand il y a un souci c’est une question de formation. 10 ans que je suis dans ce domaine et je remarque que les mauvaises habitudes peuvent persister : sous-estimation du temps de formation, manque de mise à jour/d’utilisation des outils de formation ou manque d’outils tout simplement. Ce n’est toujours le cas bien évidemment, mais quand ça l’est, ça se reflète sur l’efficacité du service. On peut aussi ajouter parfois le manque de prise en compte du feedback des équipes par le management. La deuxième raison selon moi serait le manque de réactivité / de volonté de proposer un service de bonne qualité. Ça arrive mais c’est moins commun je trouve.

Je lis Trip Advisor et me renseigne en bonne partie en français

Lorsque nous partons à l’étranger, nous avons une approche du voyage très marquée par notre propre culture. Les européens continentaux sont par exemple souvent plus téméraires, et réservent moins en agence que les anglo-saxons.

Exemple flagrant : le permis vacances-travail fait partie de ces projets que nous organisons de nous-mêmes en tant que français, italiens ou espagnols. Nous échangeons sur des forums, économisons et partons à l’aventure. Bon nombre d’anglais ou d’australiens viennent avec un package booké en agence. Il s’agit souvent de “4 nuits en auberge de jeunesse / ouverture de compte en banque / obtention du numéro d’assuré social / 1 session d’aide à la recherche d’emploi”. Je ne connaissais pas cela avant de rencontrer mes compagnes et compagnons de chambrée, en auberge de jeunesse. Et je trouve ça fou car nous, français, italiens, espagnols arrivons avec le handicap de la langue mais nous ne cherchons tout simplement pas à acheter un service de ce type. Nous échangeons des conseils et des astuces entre voyageurs.

Autre exemple : en voyage au Yucatán (Mexique) nous avions eu une discussion avec mon copain à propos de la location de voiture. Tous mes amis français qui y sont allés en ont loué une (3 couples et une amie avec sa maman). Tout s’est bien passé sur la route (bon, côté paiement, y a eu des arnaques).

Mon copain ne voyait que les commentaires négatifs de Trip Advisor en anglais à propos des routes et de la conduite. Il a préféré utiliser les transports en commun. Nous avons utilisé les bus locaux ; les colectivos et une agence de tourisme sur une journée. La région est plate et peu fréquentée hors des grands axes routiers. Au final, la location de voiture aurait tout aussi bien fonctionné. Mais c’est une question d’habitudes en voyage. Je ne regrette pas car nous avons pas mal bougé sur cette belle péninsule mexicaine et le système des colectivos est super pratique.

Voici donc une chose spécifique à prendre en compte quand on se renseigne pour un potentiel voyage : il est important de lire les commentaires et retours d’expériences selon notre culture. Et si on part à plusieurs : quel niveau de débrouillardise a-t-on ? Quelles attentes avons-nous ? Quel tourisme voulons-nous pratiquer ?

Dernière chose pour le tourisme de 2020 à 2022 : pensons Corona, gestes barrières, masques ré-utilisables, distanciation sociale, destinations locales et peu fréquentées, activités horsfoules, ça nous fera du bien à tous 😉

Perrine

Moi c'est Perrine, 30 ans, voyageuse et actuellement expatriée au Canada. J'ai la bougeotte depuis pas mal d'années, et après des études un peu partout en Europe, je me suis mise au PVT (permis vacances-travail) dans les pays anglo-saxons.

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