Le jeu des 7 différences au travail – Ouest Canadien

Je reviens pour une énième chronique à propos des chocs culturels et petites ou grandes différences entre la France et le Canada au travail. Comme si vous ne m’aviez pas assez lue sur ce sujet. Vous l’aurez compris, il me passionne 🙂

Voici le sommaire:

1. La pause déj’ de 30 minutes et l’inexistence des tickets restos

Si on travaille Nouvelle-Zélande ou au Canada, on prend sa pause déj’ en 30 minutes, souvent devant son écran, parfois en salle de réunion ou à la cantine si on est chanceux. Pas de perte de temps.

Et pas de tickets restos, ça ne fait pas partie des avantages des salariés. Pour n’avoir jamais eu accès aux tickets restos français, ils ne me manquent pas.

Les 30 minutes je les trouvais courtes au début, et maintenant j’aime avoir des journées qui se finissent tôt. 8h-18h avec 2h de pause, non merci. Je préfère 8h-16h avec 30 minutes de pause. En sachant que je peux prendre une petite pause payée en plus le matin, puis l’après-midi.

Souvent les 30 minutes de pause déj’ ne sont pas payées (ça dépend des provinces je crois). Lorsqu’on a un emploi de bureau on est ainsi au travail 8h pour 7h30 travaillées (la restauration peut être différente). Traditionnellement on travaille donc 37.5h par semaine. Ceci-dit on peut être tout de même embauché pour 40h travaillées par semaine avec 30 minutes ou 1h de pause déj’ non payée en plus. Mais c’est plus rare et ce sont souvent des entreprises de la vieille école.

En Colombie Britannique j’ai eu 2 cas de figures pour mes heures sups : je les ai rattrapées, ou elles m’ont été payées 1.5 fois mon salaire (selon la loi) par heure travaillée, au-delà de 8h/jour, ou, au-delà de 40h/semaine. Et si nous dépassons 12h de travail dans une une même journée nous sommes payés 2 fois notre salaire par heure travaillée (c’est rare). Et tout employeur doit s’assurer de 8h d’écart minimum entre 2 jours de travail (à ne pas oublier en hôtellerie avec les horaires aléatoires).

Quelle que soit ma position ces 4 dernières années j’ai dû écrire et confirmer mes horaires hebdomadaires. Je dois aussi toujours justifier mes heures sups si c’est le cas. Tout est très comptabilisé et il y a souvent la présence de machines à check-in/out. Même dans le cas où on est “salaried” donc payé au forfait, un peu comme les cadres en France.

2. Le bureau sans odeur

En France depuis que je suis ado, avec mes copines on a chacune notre petit parfum. On change une fois de temps en temps, mais au quotidien, depuis mes 18 ans, j’ai mon petit pshiittt rituel du matin, en douceur, nous ne sommes pas là pour parfumer tout le quartier non plus (on s’entend).

Au Canada la plupart des espaces de travail son scent free. La discrétion odorante est recommandée pour tous. Je m’en suis rendue compte lors de l’arrivée d’une collègue française qui avait un parfum reconnaissable au quotidien. Une collègue canadienne lui a rappelé gentiment que notre bureau est scent free. Je me suis alors aperçue que je ne sentais plus les déos et parfums dans les transports en commun ou au travail. Tout est bien plus neutre ici (mais nous faisons aussi les frais des odeurs de transpi parfois en été).

3. les jours fériés et les congés payés

On dit souvent que l’on a moins de jours de vacances ou de repos dans les pays anglo-saxons. Ca dépend des pays, mais au Canada, comme en Nouvelle-Zélande il y a un certain nombre de jours fériés historiques, et s’ils tombent un dimanche, le lundi devient férié en rattrapage (le Royaume-Uni a aussi cette règle). Sympa, non?

Iona beach à Richmond au sud de Vancouver
Iona Beach, Richmond au sud de Vancouver

Au Canada nous avons des jours fériés fédéraux et des jours fériés provinciaux, donc locaux. Au final en Colombie Britannique, excepté au mois de mars et de juin, nous avons 1 jour férié par mois, donc 1 long weekend chaque mois. Il y a aussi des entreprises qui choisissent de férier des jours pour leurs employés. Par exemple le Vendredi Saint est férié pour tous, mais certains employeurs ajoutent aussi le Lundi de Pâques.

Officiellement au Canada nous avons 4% de congés payés annuels par rapport à notre temps travaillé, donc 2 semaines quand on travaille à temps plein. Mais en réalité les entreprises peuvent proposer plus de congés payés selon notre ancienneté et/ou notre niveau dans la hiérarchie.

Parfois c’est offert d’entrée de jeu ; les 4 semaines de CP font partie des avantages de la boîte pour tous, puis pour plus de CP, cela va dépendre de notre ancienneté (courant dans les grandes boîtes à Vancouver).

Chez Hostelling, certains de mes collègues avaient plus de 5 semaines par an dû à leur séniorité sur un même poste, ou à une ancienneté moindre, mais combinée à une position hiérarchique élevée. Au Canada j’ai remarqué qu’on peut aller jusque 6 à 8 semaines de CP annuels.

Enfin, à Vancouver, contrairement à d’autres villes c’est aussi acceptable de prendre 3 semaines de congés d’affilé, alors que ce n’est pas trop dans la norme canadienne. Et les entreprises acceptent aussi facilement les congés sans soldes.

4. La négociation

Ici tout se négocie, de sa première embauche à sa retraite, grille de salaires ou pas. Je ne le savais pas la première année, mais je l’ai vite découvert et je n’hésite pas à négocier mon salaire ou en tous cas à demander et argumenter en ma faveur. J’ai aussi négocié 2 de mes loyers. Rien n’est pris personnellement, et tout est fait dans la politesse alors ça se passe bien même si ça n’aboutit pas toujours.

7 différences entre l’ouest canadien et la France au travail

Quand je négocie, je laisse toujours l’employeur / le bailleur venir avec un prix ou une fourchette. Et je me renseigne sur ce que je peux demander : quels sont les prix pratiqués pour un loyer dans le quartier ? Quels sont les salaires pour ce métier, avec mon expérience ? Internet, les réseaux sociaux et les amis sont de bonnes sources. Puis je vois ce que je peux demander, et je propose mon chiffre avec mes arguments. Ensuite on s’ajuste. Je pense que tout se tente, et que ça ne coûte rien de s’avancer avec ses idées et ses convictions.

5. Le Dress code

Alors je pense que nous avons un gros effet West Coast à Vancouver, mais clairement le dress code au travail est détendu au Canada. Si on bosse Downtown on ne se pointe pas en jean et on met des chemises un peu classy, mais rien à voir avec le style strict de la France ou du centre de Paris. Pas de cravate pour les hommes, et on peut venir facilement en leggings de yoga où même en short en été au bureau, hors Downtown. Perso j’adore, mais je garde toujours des vêtements classiques de bureau au fond de ma valise au cas où.

6. La hiérarchie moins pesante

Le vouvoiement n’existe pas en anglais et les rapports sont plus directs. A cela s’ajoute un sens de la collaboration assez développé. Il y a moins de soucis d’égos aussi et on ne règle pas ses problèmes en public. Le poids de la hiérarchie est donc plus léger, et les gens sont plus facilement abordables. En revanche il faut faire attention car les managers ne sont pas nos amis et si tout est plus détendu on ne peut pas tout se permettre.

7. Le télétravail

Ce thème est tendance, n’est-ce pas ? Ici à l’ouest du Canada (il paraît que ce n’est pas pareil à l’est), le travail à la maison est développé. La plupart du temps on peut négocier 1 ou 2 jours par semaine de télétravail si on a un peu d’ancienneté. Avec le Covid-19 les règles se sont même assouplies, et les bureaux qui ne pratiquaient pas de télétravail s’y mettent. Les universités ont aussi beaucoup de cours en ligne et les outils web de collaboration sont très utilisés. Le confinement a été bien plus aisé qu’en France pour un certain nombre d’entre nous. Les universités locales ont même prévu tous leurs cours en ligne jusque 2021.

Retrouvez mes articles à propos du travail au Canada :

Perrine

Moi c'est Perrine, 30 ans, voyageuse et actuellement expatriée au Canada. J'ai la bougeotte depuis pas mal d'années, et après des études un peu partout en Europe, je me suis mise au PVT (permis vacances-travail) dans les pays anglo-saxons.

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